PARIS - LISBONNE, à pieds, sur les chemins du pélerinage de Saint Jacques de Compostelle et de Fatima...

15 octobre 2009

Perth - nulle part, Irejo

Deux ans après, rien n'a encore réussi à concurrencer cette petite vie à part que fut celle de pélerin. Je suis parti le 28 mai 2007 de mon appartement à Paris et suis arrivé à Lisbonne le 26 août de la même année, après plus de 2500 km et 90 jours de voeux pédestres racontés, en partie, dans ce blog. J'ai pensé à lui donner une seconde jeunesse, l'épurer de ses fautes de frappe et d'orthographe, y ajouter quelques passages de mon carnet de route ou encore accroître sa visibilité web. Mais je vais plutôt le laisser dans son authenticité, n'en déplaise aux Pivots en herbes...

Pourquoi un article aujourd'hui, moi qui suit sur d'autres routes en Australie - même si le rôle de l'exilé n'arrive pas à la cheville de celui de pélerin - ? Car j'ai tenu ma promesse d'une marque indélibile de nos chemins. Le mot "chemin" a donc sa (grande) place en langue espérantiste sur ma cuisse droite. La séance de tatouage a été une pure merveille, l'occasion de me replonger dans mon pélerinage, et, même, de donner envie à mon tatoueur de Perth d' "enfin" y aller. Nos chemins continuent, oui, plus que jamais. Ce tatouage s'inscrit dans les trois dimensions temporelles : le souvenir du passé de pélerin dans son message, la saudade et l'espoir du présent de l'exilé pour l'endroit de sa réalisation, le futur par sa présence à vie et car je n'en resterai pas là. L'esperanto est une langue humaniste créée par Ludwik Zamenhof dont j'admire beaucoup la vie et le dévouement pour rassembler les peuples. Je n'ai pas vraiment chômé après Lisbonne. Je cherche encore et malgré le doute - ou plutôt avec le doute - j'avance. Avec fermenté, je prends définitivement le chemin comme choix de vie. Même si l'amour de mes proches m'empêche d'aller jusqu'au choix radical et ultime de mon jongleur de Lisboa. Et puis... Et puis de tout ça il me reste cette fabuleuse, apparemment même inébranlable, foi en l'être humain. Et je conseille à tous les désabusés d'aller faire un tour, de se chaussez, d'aggriper un bâton ou autre chose et d'inventer leurs chemins. De se laisser bluffer par la générosité des autres, de leurs propres capacités à se dépasser et par le puit d'amour qui reste caché au fond d'eux. Et Carpe Diem à vous cette fois, si tant est que viennent encore s'échouer quelques lecteurs au gré du vent virtuel.

irejo

Irejo, mes points de suspension...

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29 août 2007

Lisboa - Lisboa, Quoique

Il le criait, pourtant, le hurlait à qui voulait l'entendre et avait envie de le cracher aux autres.

Et il comprit, les jours d'après, que l'importance viscérale des recoltes de ses chemins n'avait d'égal que l'inimportance - voire pire - aux yeux de ceux nouvellement rencontrés. Alors, avec effroi, incontenant mais conscient, il se tut...et en revint à lui et toute l'erreur de sa nature.

Même si il eut préféré sombrer dans la folie.

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26 août 2007

Villa Franca de Xira - Lisboa, Jonglage final

km parcourus : 35 / cumulés : 2542 km

Je m'attendais à tout en arrivant aux alentours de Lisbonne. A une émotion forte, à de la rage d'y être arrivé, des larmes de devoir arrêter ici, de joie ou encore rester sans voix ni pensée. Après une longue traversée via une nationale, la première chose que j'ai vu au loin fut la Tour vasco de Gama, puis le pont Vasco de Gama. En m'y approchant, je me sentais approcher d'une capitale et toute sa démesure. Ce pont, droit sorti d'un rêve, semblant etre sorti des flots du Tage, un goût de Golden Gate...Les larmes sont proches et je m'assoie pour me concentrer sur mes derniers pas. Un habitant de de Lisboa, en vélo, vient m'acoster et me souhaite la bienvenue à sa maniere dans la ville qui n'etait pas encore sous mes pieds. Il m'annonce qu'il me reste encore 15 km. Je ne m'attendais pas à celà.

Je m'attendais à tout en arrivant a Lisbonne. Mais je n'ai jamais pu consideré y être vraiment. Etais-je encore en banlieue sur ce grand troittoir vide de monde qui n'en finissait pas ? Ou suis-je, ou est Lisbonne ? Je m'attendais à tout sauf à de l'énèrvement.

Je m'attendais à tout en étant à Lisbonne, tout proche du parvis de la cathédrale. A tout, sauf à ne pas la trouver, à devoir encore essuyer l'antipathie des gens face au pélerin transpirant et apeurant que j'étais. A tout, sauf à y arriver et ne voir qu'un mini parvis en plein soleil, pas possible de s'asseoir, pas possible de savourer l'instant...Alors je ne l'ai pas savouré.

Et puis...Et puis apres un passage à mon auberge de jeunesse - la perfection de l'accueil et du confort, je me suis même demande si je n'étais pas mort et n'étais pas au paradis - je pars à l'encontre d'une ou plusieurs bières car il faut que je ressente quelquechose, c'est quoi cette fin, ou sont les larmes...En passant sous la grande porte de la Place du Commerce, un jongleur vagabon, clodo pour beaucoup, itinérant sans le sou pour quelques uns, me remercie avec sourire de mon euro. Je me sentais si proche de lui - dont tout le monde était indifférent d'ailleurs - et si loin des autres. Son visage sentait le moment nouveau et il était évident qu'il venait d'arriver ici. Complètement coupé du systeme, lui, lui il l'est vraiment et c'est si beau a voir. J'ai compris devant mon unique bière alors que c'est lui, c'est lui mon point final putain, c'est lui la cerise sur mon gateau, c'est lui ma Terre Promise. Car lui il continue, car lui est la suite, car lui est fantasme de choix de vie, car lui...Je gratte un petit mot de ma pensée bouleversée du moment sur un bout de papier, prépare un peu d'argent pour son dîner et pars en espèrant qu'il soit encore là. En sortant du bar, je tombe littéralement sur lui entrant de partir, lui demande si il lit l'anglais et qu'il accepte ce quelquechose pour son dîner. Bien entendu mon geste est imparfait et je pourrai décliner son imperfection sur des lignes et des lignes mais qu'importe. Il reste perturbé un moment, je m'en vais deja, et me retourne pour lui faire un dernier signe. Il a lu le mot et me dit, coi, avec une voix a peine audible, "waooow, thank you...". Je suis déja parti, il part dans l'autre sens. Sa réaction met un terme a mon Paris-Lisbonne le 26 aout 2007 aux environs de 20h30...Va de l'avant, continue beau prince, continue de faire ce que je ne pourrai peut-être jamais faire, continue nos chemins...

Alors il ne s'est peut-etre pas lové dans mes bras et n'aura jamais rien su de moi mais c'était lui, mon rêve de la veille aussi, que de temps pour comprendre tout celà aprés coup, estomaqué et si heureux, si heureux, je n'en méritais pas tant, je rentre dans mon antre et m'apprête vraiment à redevenir touriste de la vie sans rancune, sans doute sur nos chemins, sans nostalgie précoce, tout simplement, grâce à lui.

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Va ! Vis...Moi j'en retourne - comblé - à mon ersatz de survie....   A fim...

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