30 juillet 2007
Fistera - Cee, morning
Hier, en rentrant de l'auberge du centre de "securita civil de concillo de CEE", en passant ce couloir désuet, je me suis dit que les souvenirs pouvaient vite s'évaporer. Toutes ces ambiances, ces moments différents...Ce matin, retrouvailles avec le vieil homme militant du Tibet libre à la terrasse d'un café à Cee. Tout va si vite, tout change si souvent qu'il ets difficle de tout garder en mémoire comme il est difficle d'"écrire sûr". Il y a des choses qui se répètent, forcément et ce sont sur ces répétitions que l'on écrit le mieux. Mais ces chses se répètent dans des conditions et dans des endroits différents continuellement...Je suis confronté au problème de mémoire et c'est bon signe, c'est que je me sens vivre. De Cee, je pars à l'impro. vers Padron qui me fera suivre de nouveau un chemin de Saint-Jacques, celui des portigauis, voyons ce que celà va donner...
J'ai connaît une qui serait contente...
28 juillet 2007
Olveiroa - Fistera - Cabo Fistera (Cap Finisterre)
km parcourus : 37 / cumulés : 1835,5 km
2 mois exactement que je suis parti et me voici au bout du monde. Mission accomplie. Les jours de marche à suivre, les villes traversées à venir, les bons moments comme les mauvais ne seront que bonus dorénavant et la peur de l'echec est déjá un simple souvenir. L'étape d'aujourd'hui, l'ultime, fut difficle, perte et soleil étouffant. Mais j'y suis, j'ai vu le soleil se faire dévorer par la mer au bout du monde, j'ai senti la peur qu'ont pu avoir les romains en voyant ce spectacle boulversant. J'ai vu les autres en total respect devant ce spectacle offert par la nature. J'ai vu l'infini, senti être au bout. mais de ce moment exceptionnel, auquel je tiens déjà comme à la prunelle de mes yeux, si j'étais en capacité de le faire, je le donnerai entièrement à toi, tata-F. Je ne t'ai certainement pas assez prouvé mon amour et c'est mon grand regret mais ce pur moment de vie il est pour toi, tu savais que j'irai un jour au bout du monde, c'est chose faite.
25 juillet 2007
Arzua - Saint-Jacques-de-Compostelle
Et voilà, voilà, Saint-Jacques, j'y suis. Je suis à Santiago. J'ai marché durant deux mois, ce fut dur et doux à la fois, comme je le souhaitais et me voici arrivé à Saint-Jacques entier. Actuellement dans un restaurant avec toute l'I.T rassemblée, restrouvée devant la cathédrale. Je suis arrivé comme je suis parti, seul, ayant semé mes deux compagnons en court d'étape. Arrivé devant la cathédrale, j'ai vu des pélerins exténués, certains dormant dans leur sac de couchage, d'autre en extase devant le monument tant convoité ou devant le chemin accompli. J'ai essayé de r'ealiser mais ce fut difficle, J'ai posé mon sac et me suis blotti contre lui, contre tout ve que j'ai depuis deux mois et j'ai contemplé cette beauté de l'humanit'e qu'est la cathédrale de Santiago. Séance photo bien sûr. J'ai été chercher ma compostella, diplôme du pélrin, un abri pour dormir puis je suis retourné devant la cathédrale, En tant que pélerin qui a tant marché pour atteindre la ville Sainte, on se sent comme chez soi sur le parvis. On y mange, on y squatte, on y retrouve des pélerins, on y fume, on y dort. Pour le futur proche, c'est le Cap Finisterre, aller au bout de l'ancien monde. Toutes les prières de nos chemins ont été déposé à l'intérieur de la maison de Saint-Jacques. Ce fut un moment intense. Nos chemins ont cette fin qui m'angoisse. Tant de belles choses ici même si le pélerinage devient un objet commercial avec tous ces produits dérivés. Et je ne saurais vous dire si la lumiére est là, allez savoir pourquoi.
22 juillet 2007
Chemin faisant, schizophrénique
km cumulés : 1600 km
Conversation simpliste ou profonde entre surmoi et sousmoi :
- J'ai gravit les Monts de Léon. J'ai vu, me suis réellement senti sur la planète Terre devant cette immensité et c'était vertigineux. J'ai entendu les mots de M., lui en ai rendu, avons eu des conversations passionnées lorsqu'on se sentait si petits et vulnérables au creux des montagnes. J'ai ressenti le froid de l'altitude et la chaleur des vallées. J'ai vu des chàteau, de belles villes, de charmants villages, senti l'herbe, les gens, les animaux. J'ai enlassé des pèlerins sur le retour proche ou en retrouvaille. J'ai rit, beaucoup, avec E. et je l'ai admiré aussi. J'ai goûté à de nouvelles choses, j'ai ressenti de la joie ou de la colère pour des gens. J'en prend plein la vue et les sens mais à chaque fois que je pense, les premières qui me viennent à l'esprit sont celles de l'introspection "contre" moi-mème. Toujours sur mes défauts, mes actes manqués. J'aimerai faire une pause et penser un peu à mes bons côtés.
- Tes "bons côtés" ?
- Oui. Mon courage, par exemple.
- Ton courage ? Tu perds des points là, tu regresses. De plus, je m'attendais plutôt à quelque chose que tu aurais fait de "bien" dans ta vie...
- J'ai aimé.
- Tu as aimé ?
- Oui j'ai aimé, j'en suis sûr. Sincèrement, profondément. Ma famille, mes amis, mes amours et même mes emmerdes parfois.
- Très drôle. Et penses-tu qu'ils l'ont ressenti et en ont retiré un bien-être ?
- Sûrement.
- Non...
- Je crois !
- Non.
- J'espère...
- Non.
- Eux seuls peuvent me le dire, c'est ça ?
- Non, ils te mentiraient pour ne pas te blesser.
- Je ne sais pas, je ne comprend pas...
- Continue à chercher...

21 juillet 2007
Sarria
peu de temps pour écrire et donc encore moins pour écrire sur le blog, j'espère trouver du temps avant St Jacques qui approche de plus en plus, j'en suis à 4 ou 5 jours déjà...
14 juillet 2007
Carrion de los Condes - Tendillos des los Templarios, Bad Mood
km parcourus : 27,1 / cumulés : 1358,8 km
La marche de ce matin sur la Calzada de los Peregrinos était longue et éreintante. Mal réveillé, soleil agressif dés la matinée et, surtout, ces milliers de moucherons qui veulent s'infiltrer partout. J'étais à quelques miligrammes du craquage, jurait en français...Et un bar-camion apparu de nul part au milieu de cette immense ligne droite sans ombre qu'est la Calzada. Repos, café con leche, recentrage sur le chemin, pensées pour Santiago de plus en plus proche et on repart en oubliant sa mauvaise humeur passagère. Après une pause à mi-parcours, la première chose que l'on voit en arrivant à Terradillos est son auberge pour pélerins. M. 2nous attend2 déjà, ayant pris de l'avance, savourant une bière avec une pélerine de Chocago. La soirée se finit ici, parmis des pélerins que je reconnais de partout. Celle de Chicago, dont on remarque à sa voix et son comportement l'origine américaine, parle de groupe, de solitude, de vivre son propre chemin sans s'enfermer avec d'autres. Celà ne me fait pas réfléchir plus que d'habitude car je remet en cause tous les jours, si ce n'est plus, la continuité de ma marche avec les autres, de l'"I.T". Mais pour l'instant, les inconvénients sont rares et en tant qu'équipe improvisée que nous sommes, rien ne me lie vraiment à eux à part les moments partagés sur l'instant. Je continue à marcher seul sur les routes, on se retrouve les soirs et les pauses. Un seul mot de moi et je les quitte alors, je vais arrèter de me poser tant de questions et suivre mon instinct. Je les quitterai le moment venu, quand j'en sentirai la véritable envie et par pour quelque "endurance" supplémentaire que j'"aime" m'infliger parfois...eT JE NE MARCHE AVEC EUX QUE DEPUIS 10 JOURS...JE ME DEMANDE BIEN OU VOUS ETES TOUS EN CE JOUR DE FETE NATIONALE, je m amuse a vous imaginez tous en fete, quelque part, BONNE FETE NATIONALE A TOUS, j ai obligé à trinquer pour la France ce soir avec les pélerins internationnaux, mème si je me sens plus simple pélerin humain que français en ce moment...
Chemin faisant (part 3)
Pause à Villarmentero de Campos
Ce sont les éclats de rire, les fous rires, parfois. C'est voir avec amusement E., autrichienne 23 ans rencontrée à Navarette, si énervée de voir l'Eglise du village où nous devions nous arrèter devenir de plus en plus petite plus elle marchait vers elle. C'est sentir le protectionnisme de M., autrichien 29 ans rencontré dans les Pyrénées en compagnie de C., son intérèt pour la culture funny-trash et ses blagues. L'attention et la valorisation qu'il (ap)porte aux autres, sa générosité et serviabilité. C'est écouter Ci., hollandaise 33 ans rencontrée en partant de Pamplona, ses paroles altruistes, son rire et se voir à travers elle pour mieux se comprendre. C'est ètre touché par la fraternité de C., autrichien 24 ans rencontré dans les Pyrénées en compagnie de M., ses tapes amicales réconfortantes et sa paradoxale maturité d'esprit. C'est goùter avec surprise et plaisir à sa propre capacité à communiquer en anglais, jusqu'à réussir à raconter des blagues (merci Lo. du boulot pour ta blague sur la mère juive qui a beaucoup fait rire mème si je n'ai pas ton don - et encore moins en anglais - pour la conter) ou parler introspection. C'est découvrir le rire en tant que langage universel, Pierre Richard que je suis parfois. C'est décréter avec complicité qu'il y a beaucoup de "funny" choses en Espagne : funny cream, funny creatures, funny skin, funny water, funny people, funnt blaters...C'est se détendre ensemble, partager ces moments d'euphorie que sont la bière-cigarette à la fin d'une étape, les bocadillos en milieu d'étape, les petits déjeuners...C'est ètre une équipe internationnale avec toute la beauté et la force que la mixité représente. Mixité des origines, mixité des raisons d'ètre ici, sur le chemin. Ce sont les réveils ensemble, les arrivées ensemble, les reboost mutuels. Mais c'est l'orientation améliorée au dépend de l'improvisation. C'est l'amélioration de la langue anglaise au dépis de l'espagnol. C'est la sécurité retrouvée au prix de l'ablation partielle de la liberté individuelle.C'est le partage des évènements qui déborde parfois sur l'introspection profonde.
C'est faire partie de se groupe internationnal improvisé qu'est l'I.T (internationnal team) que nous sommes, C., Ci., E., M. et moi. Ce sont des pauses comme aujourd'hui, dans ce bar à ambiance musicale douce et à l'herbe moelleuse, tous vaquant à leur occupation : Ci. regardant amoureusement C. dormir, M. au bar et E. jouant avec le chien du patron. Et moi, à l'ombre d'une table basse, écrivant sur nos 5 sens.
Les armes (usées) des pélerins : En partant des mieux (bandage bleu à droite) et dans le sens des aiguilles d'une montre : Ci., E., C., M.
12 juillet 2007
Hontanas - Bodilla del Camino, dommages colatéraux
km parcourus : 29 / cumulés : 1304,7 km
J'ai perdu 3 choses ces derniers jours. Mon téléphone portable, volé en plein vol, dans le colis envoyé à la poste, constaté par acro-F, à ma home. Celà ne constitue pas un manque ici évidemment mais je suis peiné de la perte des souvenirs qu'il contenait : photos, sms, répertoire contenant des numéros "orphelins" irrécupérables...Je viens de perdre mon lecteur MP3 qui m'a làchement làché, plus de son, plus d'image sans raison. ´Cete perte équivaux à la perte du boost bien utile quand les jambes sont font fénéantes et le moral en baisse, la perte de la vision des seuls photos de mes acrobates à l'intérieur, de mes boules quiez avant de dormir, de mon réveil, de ma montre, de la musique en général qui sublime tout et agit comme un oasis en pleine chaleur. la troisième perte est celle de la santé de ma cheville droite crampino-tendinité, apaisée tout de mème par la chaussette de "contention" que m'a donné M.
Ainis je dois passer de la théorie à la pratique sur mon reflexe de victimisation et accepter ces petites misères au lieu de les subir. Mais je ne forcerai pas sur ma cheville et j'essaierai encore de bidouiller mon lecteur mp3 car je ne dois pas aller jusqu'à les endurer. L'acceptation se situe quelque part entre "subir" et "endurer", sur un nuancier parallèlle à celui qui va de l'indifférence à la prise en compte à outrance. C'est un équilibre et comme tout équilibre de vie, il est si difficle d'y accéder...L'acceptation, c'est cette mère qui perd un enfant et qui vit encore, sans se plonger dans la survie, c'est le pardon pour les plus vils d'entre nous, c'est mourir le sourire au lèvres, c'est ce Roméo qui embrasse sa Juliette à Bagdad, c'est une porte entrouverte sur d'infinies possibilités, un immense réservoir d'amour.
Pourquoi "dommages colatéraux"? Parcequ'après castrojeriz et une còte digne des Pyrénées, la vue sur la Meseta (qui ne donne rien, hélas, en photo) était tout simplement sidérante. L'effort enduré, la chaleur, les camions qui laissaient d'énormes traces de poussierres derrières eux et représentaient le chemin parcouru, les ruines sur la colline près de Castrojeriz et l'immensité de la meseta qui s'étendait à perte de vue me fit monter les larmes aux yeux. On se dit que tout effort obtient récompense, on se sent petit et géant à la fois, tout et rien, si bien sur cette belle Terre.
Après ce choc, mème si en entrant dans cette auberge de Itero de la vega, je ne m'attendais pas à me retrouver dans un paradis artificiel (piscine, gazon doux partout, gens à moitié nus jouant au ballon...), je me suis dit que quoiqu'il se passerait durant la journée, après ce choc, comme le chante Dolorès (Cranberries) : It's no need to argue anymore* pour aujourd'hui.
Mettre à profit sa vie sur nos chemins, pour que regret ne soit que simple mot quand elle viendra. (Eglise de Catrejoriz)
Anecdote du jour : Quéchua, c'est toi ???
C'est avec grande surprise que j'ai eu le plaisir de revoir ma tente abandonnée à Saint-Jean-Pied-de-Port, dans l'auberge, pour me sentir plus léger et parcequ'il n'y en a pas besoin sur le Camino Francés. Accrochée en bas du sac d'un frenchy, je n'ai dit mot, profitant juste du moment ridiculement émouvant de la chose !
* plus la peine d'argumenter (Pour M et les autres lol ;-) )
08 juillet 2007
Chemin faisant...
Pause à Belorado, 1197 km
Mes moires chemin faisant : J'apprend...
...à me montrer du doigt. A pointer mon égoìsme et/ou égocentrisme si difficile à dépasser pour pouvoir entrevoir, sans le manger, un quart de grain de riz du plat de l'altruisme. J'apprend à pointer du doigt mon manque de courage parfois, mon exigence envers les autres sans pouvoir/vouloir répondre aux exigences des autres, mes faiblesses physiques et mes reflexes de victimisation...Avec gomme et crayon, j'apprend tous les jours un peu plus.

Ce sont les petits villages qui apparaissent ici et là, la chaleur sur les chemins, l'absence d'ombre et les fontaines d'eau au milieu des déserts. Les églises au centre des villages, visibles plusieurs km au loin, les villages perchés sur des monts.
C'est le changement d'ambiance linguistique, les gàteaux trop fourrés à la crème et arrosés de chocolat, le poisson avec jambon, le vin de Rioja et d'ailleurs, les "bocadillos" à la tortilla et à tout et n'importe quoi, les cigarettes si cheap. Ce sont tous ces petits moments de plaisir que l'on savoure des préliminaires à la digestion.
Ce sont les auberges, aux ambiances si différentes les unes des autres, les moments de détente à l'intérieur, les douches dont on sort en sentant bon et les nuits qui reposent le corps et l'esprit tous deux superactifs.
Ce sont les petites légendes des villages, les cigognes un peu partout sur les points hauts, les églises et autres, les machines à sous dans les cafés, les reportages sur les télés avec les férias, les taureaux..., les symboles jacquaires partout, les grosses flèches jaunes qui indiquent le chemin...
C'est l'Espagne sur le Camino Frances...
Chemin faisant (part 2)
Pause à San Juan de Ortega
C'est la marche lassive, difficile, légère, apaisante due à la solitude ou magnifisciante.
C'est l'attention portée à ses pieds, ses jambes, son dos, la clareté de son urine pour juger de l'hydratation de la machina...
C'est le nouveau rapport avec la nourriture génératrice et dynamisante, l'importance réelle du petit-déjeuner et de l'eau.
Ce sont les rencontres en toute simplicité, les "hola", "buen camino" ou autres "ultreïa" lancés à lomgueur de journée. Ce sont les pèlerins qui deviennent familiers, les attentionnés, les beaux, les jeunes, les vieux, les cons, les adorables de tous pays...
Ce sont les bobos, le temps inhospitalier, les insectes, les routes cabossées, les dénivelés qui paraissent infranchissables.
Ce sont les pentes douces, le plat, l'herbe moelleuse, le temps clément, le vent rafraichissant.
C'est le repos, les nuits et siestes parfois, les break, les douches, les repas et tous ces moments requinquants.
Ce sont les choses de la vie qu'on connait déjà mais qu'on redécouvre en profondeur, comme un enfant.
C'est le quotidien d'un pèlerin de Saint Jacques de Compostelle.





