PARIS - LISBONNE, à pieds, sur les chemins du pélerinage de Saint Jacques de Compostelle et de Fatima...

Quand on se perd en chemin, on part en quête. En quête de soi, des autres, de nos chemins. Le but disculpe, le chemin exulte...

14 juillet 2007

Carrion de los Condes - Tendillos des los Templarios, Bad Mood

km parcourus : 27,1 / cumulés : 1358,8 km

La marche de ce matin sur la Calzada de los Peregrinos était longue et éreintante. Mal réveillé, soleil agressif dés la matinée et, surtout, ces milliers de moucherons qui veulent s'infiltrer partout. J'étais à quelques miligrammes du craquage, jurait en français...Et un bar-camion apparu de nul part au milieu de cette immense ligne droite sans ombre qu'est la Calzada. Repos, café con leche, recentrage sur le chemin, pensées pour Santiago de plus en plus proche et on repart en oubliant sa mauvaise humeur passagère. Après une pause à mi-parcours, la première chose que l'on voit en arrivant à  Terradillos est son auberge pour pélerins. M. 2nous attend2 déjà, ayant pris de l'avance, savourant une bière avec une pélerine de Chocago. La soirée se finit ici, parmis des pélerins que je reconnais de partout. Celle de Chicago, dont on remarque à sa voix et son comportement l'origine américaine, parle de groupe, de solitude, de vivre son propre chemin sans s'enfermer avec d'autres. Celà ne me fait pas réfléchir plus que d'habitude car je remet en cause tous les jours, si ce n'est plus, la continuité de ma marche avec les autres, de l'"I.T". Mais pour l'instant, les inconvénients sont rares et en tant qu'équipe improvisée que nous sommes, rien ne me lie vraiment à eux à part les moments partagés sur l'instant. Je continue à marcher seul sur les routes, on se retrouve les soirs et les pauses. Un seul mot de moi et je les quitte alors, je vais arrèter de me poser tant de questions et suivre mon instinct. Je les quitterai le moment venu, quand j'en sentirai la véritable envie et par pour quelque "endurance" supplémentaire que j'"aime" m'infliger parfois...eT JE NE MARCHE AVEC EUX QUE DEPUIS 10 JOURS...JE ME DEMANDE BIEN OU VOUS ETES TOUS EN CE JOUR DE FETE NATIONALE, je m amuse a vous imaginez tous en fete, quelque part, BONNE FETE NATIONALE A TOUS, j ai obligé à trinquer pour la France ce soir avec les pélerins internationnaux, mème si je me sens plus simple pélerin humain que français en ce moment...

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12 juillet 2007

Hontanas - Bodilla del Camino, dommages colatéraux

km parcourus : 29 / cumulés : 1304,7 km

J'ai perdu 3 choses ces derniers jours. Mon téléphone portable, volé en plein vol, dans le colis envoyé à la poste, constaté par acro-F, à ma home. Celà ne constitue pas un manque ici évidemment mais je suis peiné de la perte des souvenirs qu'il contenait : photos, sms, répertoire contenant des numéros "orphelins" irrécupérables...Je viens de perdre mon lecteur MP3 qui m'a làchement làché, plus de son, plus d'image sans raison. ´Cete perte équivaux à la perte du boost bien utile quand les jambes sont font fénéantes et le moral en baisse, la perte de la vision des seuls photos de mes acrobates à l'intérieur, de mes boules quiez avant de dormir, de mon réveil, de ma montre, de la musique en général qui sublime tout et agit comme un oasis en pleine chaleur. la troisième perte est celle de la santé de ma cheville droite crampino-tendinité, apaisée tout de mème par la chaussette de "contention" que m'a donné M.

Ainis je dois passer de la théorie à la pratique sur mon reflexe de victimisation et accepter ces petites misères au lieu de les subir. Mais je ne forcerai pas sur ma cheville et j'essaierai encore de bidouiller mon lecteur mp3 car je ne dois pas aller jusqu'à les endurer. L'acceptation se situe quelque part entre "subir" et "endurer", sur un nuancier parallèlle à celui qui va de l'indifférence à la prise en compte à outrance. C'est un équilibre et comme tout équilibre de vie, il est si difficle d'y accéder...L'acceptation, c'est cette mère qui perd un enfant et qui vit encore, sans se plonger dans la survie, c'est le pardon pour les plus vils d'entre nous, c'est mourir le sourire au lèvres, c'est ce Roméo qui embrasse sa Juliette à Bagdad, c'est une porte entrouverte sur d'infinies possibilités, un immense réservoir d'amour.

Pourquoi "dommages colatéraux"? Parcequ'après castrojeriz et une còte digne des Pyrénées, la vue sur la Meseta (qui ne donne rien, hélas, en photo) était tout simplement sidérante. L'effort enduré, la chaleur, les camions qui laissaient d'énormes traces de poussierres derrières eux et représentaient le chemin parcouru, les ruines sur la colline  près de Castrojeriz et l'immensité de la meseta qui s'étendait à perte de vue me fit monter les larmes aux yeux. On se dit que tout effort obtient récompense, on se sent petit et géant à la fois, tout et rien, si bien sur cette belle Terre.

Après ce choc, mème si en entrant dans cette auberge de Itero de la vega, je ne m'attendais pas à me retrouver dans un paradis artificiel (piscine, gazon doux partout, gens à moitié nus jouant au ballon...), je me suis dit que quoiqu'il se passerait durant la journée, après ce choc, comme le chante Dolorès (Cranberries) : It's no need to argue anymore* pour aujourd'hui.

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Mettre à profit sa vie sur nos chemins, pour que regret ne soit que simple mot quand elle viendra. (Eglise de Catrejoriz)

Anecdote du jour : Quéchua, c'est toi ???

C'est avec grande surprise que j'ai eu le plaisir de revoir ma tente abandonnée à Saint-Jean-Pied-de-Port, dans l'auberge, pour me sentir plus léger et parcequ'il n'y en a pas besoin sur le Camino Francés. Accrochée en bas du sac d'un frenchy, je n'ai dit mot, profitant juste du moment ridiculement émouvant de la chose !

* plus la peine d'argumenter (Pour M et les autres lol ;-) )

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