22 juillet 2007
Chemin faisant, schizophrénique
km cumulés : 1600 km
Conversation simpliste ou profonde entre surmoi et sousmoi :
- J'ai gravit les Monts de Léon. J'ai vu, me suis réellement senti sur la planète Terre devant cette immensité et c'était vertigineux. J'ai entendu les mots de M., lui en ai rendu, avons eu des conversations passionnées lorsqu'on se sentait si petits et vulnérables au creux des montagnes. J'ai ressenti le froid de l'altitude et la chaleur des vallées. J'ai vu des chàteau, de belles villes, de charmants villages, senti l'herbe, les gens, les animaux. J'ai enlassé des pèlerins sur le retour proche ou en retrouvaille. J'ai rit, beaucoup, avec E. et je l'ai admiré aussi. J'ai goûté à de nouvelles choses, j'ai ressenti de la joie ou de la colère pour des gens. J'en prend plein la vue et les sens mais à chaque fois que je pense, les premières qui me viennent à l'esprit sont celles de l'introspection "contre" moi-mème. Toujours sur mes défauts, mes actes manqués. J'aimerai faire une pause et penser un peu à mes bons côtés.
- Tes "bons côtés" ?
- Oui. Mon courage, par exemple.
- Ton courage ? Tu perds des points là, tu regresses. De plus, je m'attendais plutôt à quelque chose que tu aurais fait de "bien" dans ta vie...
- J'ai aimé.
- Tu as aimé ?
- Oui j'ai aimé, j'en suis sûr. Sincèrement, profondément. Ma famille, mes amis, mes amours et même mes emmerdes parfois.
- Très drôle. Et penses-tu qu'ils l'ont ressenti et en ont retiré un bien-être ?
- Sûrement.
- Non...
- Je crois !
- Non.
- J'espère...
- Non.
- Eux seuls peuvent me le dire, c'est ça ?
- Non, ils te mentiraient pour ne pas te blesser.
- Je ne sais pas, je ne comprend pas...
- Continue à chercher...

14 juillet 2007
Chemin faisant (part 3)
Pause à Villarmentero de Campos
Ce sont les éclats de rire, les fous rires, parfois. C'est voir avec amusement E., autrichienne 23 ans rencontrée à Navarette, si énervée de voir l'Eglise du village où nous devions nous arrèter devenir de plus en plus petite plus elle marchait vers elle. C'est sentir le protectionnisme de M., autrichien 29 ans rencontré dans les Pyrénées en compagnie de C., son intérèt pour la culture funny-trash et ses blagues. L'attention et la valorisation qu'il (ap)porte aux autres, sa générosité et serviabilité. C'est écouter Ci., hollandaise 33 ans rencontrée en partant de Pamplona, ses paroles altruistes, son rire et se voir à travers elle pour mieux se comprendre. C'est ètre touché par la fraternité de C., autrichien 24 ans rencontré dans les Pyrénées en compagnie de M., ses tapes amicales réconfortantes et sa paradoxale maturité d'esprit. C'est goùter avec surprise et plaisir à sa propre capacité à communiquer en anglais, jusqu'à réussir à raconter des blagues (merci Lo. du boulot pour ta blague sur la mère juive qui a beaucoup fait rire mème si je n'ai pas ton don - et encore moins en anglais - pour la conter) ou parler introspection. C'est découvrir le rire en tant que langage universel, Pierre Richard que je suis parfois. C'est décréter avec complicité qu'il y a beaucoup de "funny" choses en Espagne : funny cream, funny creatures, funny skin, funny water, funny people, funnt blaters...C'est se détendre ensemble, partager ces moments d'euphorie que sont la bière-cigarette à la fin d'une étape, les bocadillos en milieu d'étape, les petits déjeuners...C'est ètre une équipe internationnale avec toute la beauté et la force que la mixité représente. Mixité des origines, mixité des raisons d'ètre ici, sur le chemin. Ce sont les réveils ensemble, les arrivées ensemble, les reboost mutuels. Mais c'est l'orientation améliorée au dépend de l'improvisation. C'est l'amélioration de la langue anglaise au dépis de l'espagnol. C'est la sécurité retrouvée au prix de l'ablation partielle de la liberté individuelle.C'est le partage des évènements qui déborde parfois sur l'introspection profonde.
C'est faire partie de se groupe internationnal improvisé qu'est l'I.T (internationnal team) que nous sommes, C., Ci., E., M. et moi. Ce sont des pauses comme aujourd'hui, dans ce bar à ambiance musicale douce et à l'herbe moelleuse, tous vaquant à leur occupation : Ci. regardant amoureusement C. dormir, M. au bar et E. jouant avec le chien du patron. Et moi, à l'ombre d'une table basse, écrivant sur nos 5 sens.
Les armes (usées) des pélerins : En partant des mieux (bandage bleu à droite) et dans le sens des aiguilles d'une montre : Ci., E., C., M.

